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Carnets de l’Inde: un voyage au berceau de l’Ayurveda

21.10.2016 | Krystine St-Laurent

Confortablement installée au bord du feu lors d’une soirée d’hiver en février dernier, un livre entre les mains, je ressenti soudainement un coup de coeur, un  »oumph » vraiment intense qui a guidé ce qui m’amène à écrire ce billet littéralement 9 mois plus tard…

À ce moment précis, j’ai demandé à l’Univers de m’ouvrir la porte de l’Inde, afin que je puisse approfondir mes connaissances sur l’Ayurveda, découvrir un peu plus cette culture et cette sagesse qui m’accompagne depuis tant d’années et que je partage avec tellement de passion.

J’ai demandé de m’amener là où je devais aller, de rencontrer les gens qui m’inspireraient pour la suite de mon mandat de vie (Dharma), de m’inspirer pour que je puisse à mon tour continuer à inspirer. Encore une fois comme toute les fois où j’ai ressenti ce  »oumph » je n’avais aucune idée du COMMENT. Avec quelles ressources, comment faire pour y parvenir, comment assurer la continuité ici, bref, tous ces détails techniques avec lesquels notre mental nous assomme dès que nous ressentons l’élan d’un rêve.

Deux jours plus tard, dans ma boîte courriel atterrit un message perso d’un de mes professeurs qui annonce justement qu’il organise un voyage en Inde avec les gens ayant suivi sa formation d’enseignant de méditation. Coïncidence ou synchronicité? Un peu des deux peut être…

Après les dernières récoltes de nos précieuses plantes, à la fin de l’été, entre deux conférences et ateliers planifiés dans mon calendrier, je me suis donc envolée pour un continent à plus de 11 000 km de ma verte campagne.

Certains disent que lorsque l’on atterrit en Inde, nous sommes quittes pour un choc culturel.

Effectivement, la première impression est d’arriver littéralement dans un autre monde. Après plus de 30 heures de transport entre les différents vols, je me suis retrouvée à New Dehli, me fondant dans ce nouvel environnement tout à fait inconnu jusqu’à présent. Un chien couché sur le plancher de l’aéroport dormant d’un profond sommeil malgré l’agitation autour de lui me confirme que sa vie à lui est bien différente que celle de ma Mélisse (mon chien) à 3 pattes.

Ma première impression? TOUT est différent. La chaleur, l’odeur, les couleurs des tissus des habits des hommes et surtout des femmes, l’alphabet, la langue hindoue, la culture, la spiritualité, la relation avec la nature et son côté sacré, la fraîcheur et l’odeur des épices, les vaches circulant partout librement et côtoyant les chiens, les tuktuks (taxis indiens) et les motos dans les rues. Le son des klaxons en bruit de fond, les pieds des femmes bengali peints de terre et d’argile,l’arbre où Sidharata (Boudha) a médité pendant plus de 40 jours, le Taj Mahal, l’odeur de l’encens omniprésent, les ashrams et les cérémonies pour chanter la vie et remercier, les cloches du village à 5 heures du matin rappelant l’importance d’honorer le lever du soleil & le cadeau de vie de se réveiller à nouveau, les colliers de fleurs, le croisement d’un regard, les mains jointes en Namaste mudra, accompagné d’un sourire (avec ou sans dents peu importe) pour reconnaître le regard de l’autre; tout est grisant d’humanité et de divinité. J’ai vu l’humain dans son humanité accompagné d’un désir profond de paix et de simplicité.

Bien sûr, il y a aussi la pauvreté, le manque et la souffrance qui nous rappelle constamment le privilège que nous avons de nous éveiller dans nos vies nord américaines. Cela nous rappelle aussi à quel point l’abondance n’est pas nécessairement gage de bonheur. J’ai vu plus de sourires dans la rue de Jaipur que ce dont je me rappelle avoir vu dans nos grandes métropoles.

On dit que le sous continent indien est un lieu unique au monde qui ne laisse personne indifférent.

Pour ma part, j’ai découvert des gens d’une grande générosité (et c’est peu dire) malgré le peu de bien matériels. J’ai rencontré des gens ayant le désir de faire une très grande place à la simplicité, à la spiritualité, à la méditation et à la pratique du yoga pour aligner corps + coeur + esprit.

Se réveiller avant le lever du soleil peut sembler difficile au départ mais après 2 jours, déja, le rythme semble s’installer.

Debout à 4 heures 30 du matin, méditation, yoga, douche et abhyanga (auto-massage). Dès 6:30, la journée pouvait bel et bien commencer 🙂

J’ai médité, respiré, fait du yoga, médité encore et encore. Chaleur oblige, tout est au ralenti. Il n’est pas indiqué de se presser, le moment présent est très présent, et ce rythme me convenait parfaitement.

J’avais parfois l’impression de me retrouver dans certaines scènes du film Mange-Prie-Aime.

Je me suis aussi huilée avec mes huiles à chaque jour, humant à travers elles l’odeur de mes jardins qui se mêlaient subtilement aux parfums uniques de l’Inde. Quelle joie!

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que j’ai évidemment fait l’essai des différents traitements ayurvédiques (massages corporels, massage ayurvédique du visage et des pieds, (oui oui, une heure entière dédiée uniquement aux pieds! ), shirodara (huile chaude sur le troisième oeil en continu et massage de la tête), exfoliations à la poudre d’herbes etc). Il y avait des centres ayurvédiques partout! Certains inspirants, d’autres un peu moins. 😉

Rishikesh a été pour moi un coup de coeur. Située aux pieds de l’Himalaya, la ville est connue comme cité de pèlerinage, elle attire de nombreux hindous et aussi également des occidentaux pour ses ashrams où le yoga est enseigné. Les Beatles ont rendu ce lieu célèbre en 1968, en venant y étudier la méditation transcendantale enseignée par le Maharishi Mahesh Yogi dans son Ashram.(1)
En reprenant l’avion qui me ramenait vers l’Amérique, j’avais le coeur rempli de gratitude pour tout ce que j’avais reçu en apprentissage et cadeau de la vie. J’avais aussi le coeur gros de laisser derrière moi une culture qui me parlait autant et des liens de coeur avec des gens que je n’oublierai jamais. À Rishikesh, au pied des montagnes himalayennes, j’avais l’impression d’être à la maison.

Je n’ai pas fait beaucoup de posting Facebook, ni de partages sur le web car les apprentissages étant profonds, je me devais de prendre le temps de les intégrer. C’était aussi l’occasion parfaite pour débrancher du virtuel qui nous prend tellement de temps et trop souvent la tête.

J’ai pris le temps d’atterrir, de me déposer, et de me laisser imprégner de toute cette belle richesse.

Je vous partage que j’ai ramené avec moi, entre autre, le grand désir d’y retourner et de poursuivre la découverte de ce lieu rempli d’histoire, de spiritualité et de connaissances ancestrales comme l’Ayurveda (la branche médicale du yoga). Cette science de la vie qui s’intègre si bien dans le quotidien gagne à être connue de plus en plus en Amérique, au Canada et au Québec.

J’ai aussi envie de continuer à partager de façon concrète cette sagesse en ajustant à notre réalité nord américaine, et simplifier comment nous pouvons au quotidien nous faire du bien. L’Ayurveda est pour moi un amalgame de petites perles de bien-être datant de plusieurs milliers d’années et gagnant à être découvertes et partagées, une à la fois.

Au plaisir de continuer à les partager avec vous!

Krystine St Laurent

Psst!

Deux films à découvrir pour ceux qui ne l’ont pas encore fait

  • Mange prie aime (version française de Eat Pray Love- Elisabeth Gilbert)
  • Indian Palace (version française de: The best Marigold hotel)
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